La majorité municipale a lancé depuis déjà longtemps une politique urbaine que de nombreux Isséens critiquent : ils se plaignent de la densification et des difficultés de circulation qui ne concernent pas que les automobilistes. Pourtant c'est cette politique qui est confirmée dans le nouveau Plan local d'urbanisme (PLU) voté au Conseil municipal du 7 décembre 2005. Et ce n'est pas caricaturer ce plan que de le résumer par deux caractéristiques majeures :

Une densité de type métropole.

Pourquoi pas, mais il y faut deux conditions pour que la vie n'y devienne pas insupportable :

• La première: un réseau très dense de transports en commun en site propre (donc fréquents et ponctuels) qui rendrait l'usage de l'automobile moins nécessaire. Ce qui nous est proposé est loin de ce qui serait indispensable pour que ceux qui habitent ou travaillent à Issy aient le choix de préférer les transports en commun.

• La seconde condition: des espaces verts publics en quantité suffisante. Les spécialistes préconisent en Ile-de-France 10m2 par habitants. Avec ce projet, nous n'atteindrons pas 7m2; il en faudrait donc presque moitié plus que ce qui est envisagé ! La communication municipale vante parfois nos 15m2 par habitant; ce chiffre flatteur n'est atteint qu'en additionnant tous les jardins privés (moyens, petits ou minuscules) de la ville. Mais ces mètres carrés sont derrière des grilles ou des murs…

Le choix d'un « urbanisme vertical »

L'urbanisme vertical sera bien là, peu discret, tout au long de la Seine (de la TIRU à PARIS) et sur tout l'espace libéré par les bâtiments du CNET ; là, les immeubles monteront jusqu'à plus de 27 m… Mais la contrepartie, l'espace libéré au sol, sera mesquine : 3000m2 au CNET (soit 50x60m). Quant à "l'espace végétalisé" au pied des bureau du terrain FIAT (ex Alfa-Romeo), il sera à peine plus grand et son caractère public reste incertain.

Pour que ce projet urbain soit durablement favorable au bien-être des Isséens d'aujourd'hui et de demain, il faudrait une autre stratégie en matière de transport, une toute autre ambition en matière d'espaces verts. C'est pourquoi les conseillers municipaux socialistes ont refusé d'approuver cette politique et le PLU qui la résume. Ils ont décidé de ne pas voter contre et de s'abstenir parce que la municipalité, constatant la mobilisation des militants et des associations a au dernier moment modifié son projet sur deux points extrêmement importants :

• Pour le Parc-de-l'Ile-St-Germain, la ville s'est engagée à refuser toute construction nouvelle au sein du parc. C'est une victoire importante : on se souvient du projet de construction d’une fondation privée et il y a encore peu la mairie voulait garder constructible une partie du parc !

• Pour les quais de Seine (RD7) jusqu'aux derniers jours avant le conseil, la mairie soutenait le projet du Conseil général d'y installer une route à 4 voies. Mais la pression des habitants et des associations, relayées par les élus et le PS, a fini par porter ses fruits. Le maire a finalement décidé de refuser le projet d’autoroute urbaine du Conseil général.

Pour que ces 2 changements soient définitivement adoptés, les élus de l'opposition ont décidés de ne pas voter contre le texte final et de s'abstenir. Ce projet de PLU a donc été adopté par les seuls élus de droite. Les socialistes sont particulièrement satisfaits que les propositions, qu'avec beaucoup d'autres militants, ils ont défendues en particulier dans « Alternatives isséennes », se concrétisent aujourd'hui. Concernant le projet RD7, que seul le Conseil général peut définitivement abandonner, nous resterons, avec les conseillers généraux socialistes et verts, aux cotés des associations et des citoyens pour suivre l’évolution de ce dossier.

A l'occasion du débat sur l'urbanisme, le conseil municipal a par ailleurs unanimement confirmé sa volonté de voir le CNET (centre de recherche de France Télécom) rester à Issy. Mais le projet de la mairie d’aménagement des terrains du CNET n'est pas fameux. Il n'est acceptable que s’il permet le maintien des chercheurs et techniciens. Si les projets immobiliers des "fonds de pensions" (qui sont les vrais propriétaires de ce terrain) les conduisaient à implanter au coeur de notre ville des immeubles de bureaux banalisés, il est clair que ce qui avait été accepté pour sauver le CNET sera remis en cause. Dans l'esprit de l'engagement de concertation permanente sur l’urbanisme décidé par le Conseil muncipal, un grand débat devra alors s'engager sur le devenir de ces terrains aux coeur de notre ville.

François Gouesse



Pour en savoir plus, le dossier sur le site de la municipalité: PLU



La carte du PLU: carte (format PDF)