Nouveau terrain d’expérimentation pour la Municipalité : le Fort et les moyens futurs d’y accéder. « Ce projet, très sérieux, s’inscrit dans le cadre du programme d’aménagement du Fort Numérique à Issy-les-Moulineaux qui comprend la construction de 1200 logements [dépôt du permis de lotir en 2006, début des constructions en 2008, compte tenu des contraintes de désobusage] et du nouveau siège de la Gendarmerie nationale, soit une prévision de 2000 habitants supplémentaires », nous apprend-on. Pour avancer au pas de charge, la procédure de ZAC (Zone d’Aménagement Concertée) n’a pas été retenue – les garde-fous sont donc plus que limités. Quelques « menues » opérations annexes sont en outre prévues : le collège de la Paix va s’étendre, à l’horizon 2012, victime de l’aveuglement de la Municipalité et de ses conseillers généraux de la même couleur pendant des années vis-à-vis des projections démographiques (mieux vaut construire des logements que des collèges sur les terrains disponibles…).
Ladite extension se fera, sous la pression du Conseil général, sur l’emprise actuelle du groupe scolaire Justin Oudin, reconstruit (horizon 2010) lui, en lieu et place de la résidence du Fort, qui lui fait face aujourd’hui. L’actuelle école ne serait « plus fonctionnelle car elle date de 1936 ». La résidence du Fort, elle, va donc disparaître ; et les raisons présentées sont « fleuries » : la résidence est « moche » et le sous-sol est plein d’obus… ses occupants actuels, qui ne savent pas où l’on va les faire atterrir, sont plus qu’inquiets et apprécieront. En fait, aux abois pour agrandir le collège de la Paix le plus vite possible, la mairie choisit bien de raser la Résidence du Fort pour réimplanter le groupe scolaire Justin Oudin.
La cerise sur le gâteau c’est bien sûr le fameux téléphérique (pourquoi pas un tire-fesses ?), sensé résoudre miraculeusement tous les problèmes de circulation induits par l’arrivée de 2000 habitants sur un quartier d’Issy jusqu’ici encore plus ou moins préservé de nombreuses nuisances ; hors de toute réflexion d’ensemble, notre bâtisseur estime que la seule destination possible des nouveaux résidents du Fort ne peut être que le centre-ville d’Issy… Un effort doit être bien sûr fait pour permettre à ce quartier de voir son plan de circulation rénové et sa desserte en transports en commun améliorée. Mais il y a probablement des réalisations plus simples et moins coûteuses. Pourquoi ne pas créer une navette par bus électriques et le développement d’un véritable réseau de bus municipal ? Evidemment, ça fait moins chic, et c’est moins « ambitieux » (?). Vivement le temps ou l’intérêt des isséens passera avant le désir de paraître.

Joseph Dion



Les habitants de la résidence du Fort se sont regroupés en une association : l’ALREF. Dans le cadre du réaménagement du Fort, ils sont menacés d’expulsion (sans garantie d’un relogement dans le quartier) car le projet prévoit la destruction de leur résidence. Une absurdité : pour reconstruire l’école Justin Oudin, on va détruire leurs logements ! Le but de la manœuvre est de préserver le maximum de terrain pour la juteuse opération immobilière du Fort.


Sommaire du dossier
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Liens

Site de l'association des locataires de la résidence du Fort : ALREF (Association indépendante des partis politiques et de la mairie)

La page consacrée au projet sur le site de la mairie : Projet

Le diaporama du cabinet d'architectes "Architecture studio" qui a réalisé le projet : Diaporama


Documents

Le communiqué de presse de la mairie

La signature, vendredi 27 janvier prochain, entre Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense et André Santini Ancien Ministre, Député-Maire d'Issy-les-Moulineaux, du protocole portant sur la cession du Fort Militaire à la ville, sera le premier acte de l' audacieux projet du Fort Numérique.
La cession du Fort d'Issy (surface de 12ha) appartenant à l'Armée permettra à la ville de réhabiliter ce lieu historique datant du 19ème siècle et de le transformer en une Cité numérique, fleuron des Nouvelles Technologies au rayonnement international. Traçant les contours de l'habitat du 21ème siècle, le concept de Fort Numérique impliquera l'intégration dans la vie quotidienne des futurs résidents des services obtenus grâce aux technologies de demain. Cette future cyber-cité qui comprendra 1200 logements (dont 25% de logements sociaux), des commerces et des équipements publics sera équipée des technologies les plus en pointe (domotique, accès aux réseaux multimédia à très hauts débits, internet).
Un intranet de quartier, des logements communicants, une ambassade des nouvelles technologies dans les casemates du fort, une école multimédia pilote, tels sont les projets qui deviendront réalité grâce à cette signature !
La cité numérique du 3ème millénaire sera aussi le lieu d'une réflexion sur l'implication de la Haute Qualité Environnementale à l'échelle d'un quartier. Les éléments naturels (soleil, vent, physiologie humaine..) seront pris en compte dans ce projet qui, à l'image de la ville allemande de Fribourg, vise à promouvoir les procédés écologiques et les énergies renouvelables.
C'est dans le cadre de ce projet que s'inscrit l'ambition de relier le Fort Numérique au métro du centre-ville par un téléphérique de 830m de longueur qui transportera les voyageurs en 2 minutes 30 !
Le projet du Fort numérique, à côté des remparts duquel siègera la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale, symbolise la volonté d'Issy-les-Moulineaux d'allier le passé d'Issy et le progrès, les murs d'enceinte historiques du Fort seront préservés et mis en valeur.


Le communiqué de presse du ministère de la défense

Michèle ALLIOT-MARIE et André SANTINI signent un protocole de cession du fort d’Issy-les-Moulineaux à la commune
Le 27 janvier 2006, Madame Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de la défense, et Monsieur André SANTINI, député des Hauts-de-Seine, maire d’Issy-les-Moulineaux, signeront un protocole d’accord relatif à la cession du Fort d’Issy-les-Moulineaux à la commune. Ils visiteront le site avant de procéder à la signature du protocole, à l’Hôtel de ville.
Dans le cadre d’un projet intitulé « le fort numérique », la ville d’Issy-les-Moulineaux prévoit d’utiliser le site pour y construire 1200 logements, dont 300 réservés au personnel du ministère de la défense, ainsi que plusieurs équipements collectifs dont un groupe scolaire, un équipement pour la petite enfance, un mémorial et un centre de ressources multimédia.
Le ministère de la défense conservera une partie du fort destinée à accueillir le futur siège de la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), dont le chantier devrait être lancé en 2007. Cette opération permettra de réunir sur un site unique 1500 personnels de la gendarmerie actuellement répartis sur 12 sites en Ile-de-France.
Le protocole constitue un accord de principe des deux parties pour procéder à la cession du fort. Des discussions vont s’engager entre les services du ministère de la défense et ceux de la ville d’Issy-les-Moulineaux pour en définir les modalités d’application.


Le projet en image

Les suppositoires blancs sont les nouveaux immeubles de standing conçus en forme d'oeufs (ou d'obus ?) est censé représenter des souris (d'ordinateur ?). L'ensemble forme un flipper géant. Faut-il en rire ou en pleurer ?
Vous remarquerez aussi l'immeuble en " V " digne des barres HLM des années 60 et les blockhaus aux 5 coins du Fort. Au final, ce projet est donc celui d'une propriété privée, enfermée dans le Fort et ignorant les quartiers périphériques. Pour l'anecdote, la mairie dit s'être inspirée pour ce projet d'un « village à l'américaine ». Depuis quand l'Amérique est réputée pour ses villages ? A moins qu’il ne s’agisse des quartiers résidentiels américains en forme de camp retranché. L’avantage du téléphérique serait alors pour les habitants du Fort de passer au-dessus (au propre comme au figuré) du reste de la population…





Communiqués de presse du PS

Fort "numérique" et téléphérique à Issy-les-Moulineaux, le Parti socialiste pour un autre projet

A l’occasion de la signature le 27 janvier 2006 du protocole de cession du Fort d’Issy entre le Ministère de la Défense et la Ville d’Issy-les-Moulineaux ouvrant la voie à un réaménagement d‘ampleur du site, le PS d’Issy-les-Moulineaux rappelle son opposition au programme d’urbanisation envisagé en son enceinte, avec la construction de 1200 logements notamment (les élus socialistes se sont abstenus sur le vote du Plan Local d’Urbanisme au dernier conseil municipal compte tenu des concessions du député-maire sur plusieurs sujets). La Municipalité, en outre, va déposer un permis de lotir et ne pas recourir à la procédure de Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) et à ses garanties – « pour aller plus vite ».

Ce projet ancien, élaboré dans le secret de l’équipe du Maire et rendu public par la signature d’un protocole d’accord entre le ministère de la Défense et la SAEM-SEMARI en février 1999, avait abouti à une proposition largement reprise dans le programme municipal de M. Santini aux élections du printemps 2001. Dès cette époque, nous avions regretté l’absence de concertation publique sur l’aménagement d’un des dernières zones ouvertes de la ville d’Issy dont la densification rapide et la fermeture des horizons s’est faite au détriment des espaces verts et des zones de respiration. Rappelons qu’il n’existe que 7 m² d’espaces verts par habitant à Issy, ce qui place la ville en queue de peloton des villes des Hauts-de-Seine.

Aujourd’hui, ce projet ressort des cartons, sans changement alors que la ville elle même a évolué, que la population ne trouve pas son compte dans l’urbanisation trop rapide et trop dense, que les espaces ouverts sont réclamés par tous et que les demandes de débat et de concertation se font tellement pressantes que le Maire lui même a décidé de la création d’un atelier d’urbanisme permettant la construction collective du futur de la ville.

Ce projet ne correspond pas à ce qu’attendent les isséens. Dans le Fort, nous souhaitons une large place aux fonctions culturelles. Nous avons besoin de soutenir l’art contemporain, ailleurs que dans l’Ile St Germain, nous avons besoin de garder les traces de l’histoire. Le Fort, à coté du siège de l’état-major de la gendarmerie et d’équipements scolaires, pourrait faire l’objet d’un partenariat intercommunal avec Vanves, Malakoff ou Clamart qui sont concernés par cet espace de bord de plateau. Nous avons également besoin de logements vraiment sociaux qui trouveraient place dans un cadre privilégié ou culture et éducation se rejoignent naturellement. Nous devons être inventifs pour l’avenir. Pourquoi ne pas rétablir des jardins familiaux à l’extérieur des fortifications ? Face à une vision passéiste du développement, nous voulons promouvoir une participation active des habitants aux projets de construction de la ville, garantissant lutte contre l’exclusion, lien social et urbanisme à échelle humaine.

Quand au téléphérique, cet objet anecdotique, nous avons assez souligné son aspect gadget. Il faut pour desservir le haut de la ville (les Epinettes accueillent aujourd’hui 10% de la population isséenne et les nouveaux projets vont accentuer les besoins de transport public) créer un circuit court (2,5 km) de bus électriques cadencés à moins de 5 minutes aux heures de pointe à 10 à 15 minutes aux heures creuse desservant le Fort en entrée et en sortie, le quartier des Epinettes, la gare RER et le métro (6 arrêts maximum) élaboré là aussi en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. Le Montmartrobus fonctionne par exemple avec 10 petits bus électriques sur une ligne à la dénivellation au moins aussi forte qu’Issy, transporte plus de 1 millions de passagers par ans sur un circuit long. Des boucles de quartiers sont aujourd’hui proposées par la RATP. Aucune réflexion globale n’est menée par la Municipalité sur la circulation dans un quartier résidentiel déjà saturé aux heures de pointe par la circulation de transit. Sans réflexion concertée, nous courons à la catastrophe, puisque les nouveaux habitants du Fort ne se contenteront pas d’aller admirer l’Hôtel de Ville en téléphérique. Soyons inventifs, pas seulement sur l’objet, mais sur la mission….


Communiqué des conseillers municipaux socialistes

Pressé d’atteindre les sommets, le maire veut aujourd’hui un nouveau jouet : un téléphérique entre le métro et le Fort.

C’est un investissement qui valorise la technicité des ingénieurs de la RATP ; c’est attractif en terme de communication. Mais cet investissement grandiose ne sera utile qu’à ceux qui font le trajet point à point entre leur bureau ou leur appartement dans le Fort et la station de métro.

Avec un débit maximum de 480 personnes à l’heure, il faudra 7 heures pour transporter les 1500 employés de la gendarmerie et 2000 personnes des habitants des 1200 logements. De plus il faudra être en grande forme physique, ne pas avoir de canne ou de poussette pour entrer ou sortir de la cabine en moins de 30 secondes. On voit l'irréalité de cette idée. La majorité des usagers potentiels s’abstiendra. Ceux qui le peuvent prendront leur voiture, encombrant toujours plus un quartier résidentiel déjà saturé aux heures de pointe.

Faisant l’impasse sur la réalité de la vie des habitants du plateau, ce projet décidé dans sans aucune concertation n’a aucune utilité et doit immédiatement être abandonné.

Plutôt qu’un « instrument ludique » (dixit Santini), nous pensons que l’argent public doit être dépensé pour des réels moyens de transports, utiles au plus grand nombre. Nous préconisons de choisir une solution simple et meilleur marché en terme d'investissement : un circuit cadencé de bus électriques desservant de façon rapide, avec un effort particulier aux heures de pointe, le Fort et les quartiers environnant en passant par les stations de métro Mairie d’Issy et RER Issy Ville.

Contrairement à ce que laisse entendre votre article, les Conseillers municipaux socialistes n’approuvent pas le projet du Fort qui échappe à toute concertation publique. Ils sont intervenu sur cette question à plusieurs reprises en conseil municipal. Cette densification de la ville où les espaces libres sont déjà réduits à la portion congrue est imposées au mépris de l’intérêt des isséens. Quant à la fiction des logements sociaux à Issy-les-Moulineaux, il est plus que temps de rétablir la vérité, la municipalité comptant dans le total tous des logements ayant bénéficié à un titre ou à un autre d’une aide publique, la ville est loin de présenter un visage harmonieux pour l’accueil des moins favorisés.


Revue de presse

Les locataires du fort défendent leurs logements
Le Parisien 03/02/06

AU PIED du fort d'Issy-les-Moulineaux, où doit bientôt sortir de terre un « cyberquartier » de 1 200 logements avec équipements publics, deux modestes banderoles défendent la résidence du Fort, implantée dans la rue du même nom : « Non à la démolition de... suite (payant)

« Un projet prestigieux… comme d'habitude » GABRIELLE SANTARELLI, conseillère municipale PS
Le Parisien 28/01/06 Site du Parisien

L'OPPOSITION MUNICIPALE, qui était déjà montée au créneau en critiquant l'«aspect gadget » du téléphérique envisagé par la mairie pour desservir le haut de la ville, n'est pas tendre non plus avec le dossier du fort numérique. Dénonçant la « densification » du quartier, où vont pousser 1 200 logements, les conseillers municipaux PS estiment aussi que ce dossier a été « élaboré dans le secret de l'équipe du maire ». « Le projet du maire est un projet prestigieux… comme d'habitude, mais sans débat et sans échange », regrette Gabrielle Santarelli. Nous aurions aimé une vraie concertation sur ce quartier, d'autant qu'il s'agit d'un des derniers grands espaces ouverts dans la ville, expliquent-ils. Le choix de déposer un permis de lotir et de ne pas recourir à la procédure de zone d'aménagement concerté montre que les choses sont engagées de façon tout à fait solitaire. »
Le projet du fort ne fait pas non plus rêver les habitants des deux résidences de la rue du Fort et du Docteur-Zamenhof -une centaine de familles au total- qui vont être contraintes de quitter les lieux. Leurs bâtiments doivent en effet disparaître de la carte pour permettre d'agrandir le collège de la Paix et de construire une nouvelle école.
G.B.

Bataille politique au Fort d'Issy-les-Moulineaux
20 minutes 27/01/06 Site de 20 minutes

Face au projet immobilier du maire UDF André Santini dans le quartier du fort, les socialistes d'Issy-les-Moulineaux ( Hauts-de-Seine) ne désarment pas. Et afficheront leur désaccord cet après-midi, lorsque la ministre de la Défense viendra au fort militaire signer son acte de cession à l a ville. L'idée de construire un quartier ultramoderne avec 1 200 logements et l'étatmajor de la gendarmerie ne serait « pas inventive » ni « concertée » . « Pourquoi veut-on encore bétonner et densifier la ville ? » , demande l'un des cinq élus de l'opposition. Ceux-ci voudraient un lieu de culture et de mémoire dédié aux bombardements prussiens, ainsi que des jardins familiaux sur les fortifications.

TELEPHERIQUE : le PS fustige le "nouveau jouet" de Santini
Le Parisien 19/01/06 Site du Parisien

Les conseillers municipaux socialistes d'Issy-les-Moulineaux tirent à boulets rouges sur le projet du député-maire André Santini de téléphérique reliant la maire au fort d'Issy-les-Moulineaux où doit se tenir une importante opération immobilière. Selon eux, "pressé d'atteindre les sommets, le maire veut aujourd'hui un nouveau jouet". Ils fustigent une idée "irréelle et demandent l'abandon d'un projet "faisant l'impasse sur la réalité de la vie des habitants du plateau (...) décidé sans aucune concertation". Ils demandent plutôt qu'un "instrument ludique" que l'argent public "soit dépensé pour des réels moyens de transport, utiles au plus grand nombre". Ils s'opposent également au projet immobilier du fort qui imposera "une densification de la ville où les espaces libres sont déjà réduits à la "portion congrue".

Une cité numérique dans le Fort
Journal du dimanche 05/02/06 Site du JDD

« Projet audacieux », « cité du IIIe millénaire » et même « fleuron des nouvelles technologies au rayonnement international ». Les qualificatifs ne manquent pas à la ville d’Issy-les-Moulineaux (92) pour présenter son futur projet urbain d’envergure. Depuis le 27 janvier dernier en effet, André Santini, le député-maire (UDF), jubile. Il a enfin signé un protocole d’accord avec le ministère de la Défense pour la cession du fort militaire de la ville. Depuis plusieurs années, il envisage d’y réaliser un grand chantier immobilier, « avant-gardiste » pour ses supporters, « pharaonique » pour ses détracteurs. La Défense vient de céder le terrain pour 56 millions d’euros hors taxes. Comme le fort est encore truffé d’obus prussiens datant de la guerre de 1870-1871, la ville a bénéficié d’une remise de 7,6 millions d’euros pour s’acquitter des travaux de dépollution du site à la place du ministère.
Les 12 hectares bordés de fortifications devraient ensuite accueillir 1200 logements ainsi que des équipements collectifs, tandis qu’une partie des 17 000m2 jouxtant le fort à l’extérieur sera exploitée par le ministère de la Défense afin d’y abriter le futur siège de la Direction générale de la gendarmerie nationale.
Pour le reste, André Santini voit les choses en très grand pour ce qu’il appelle son « éco-fort numérique ». Outre la construction d’une école, d’une crèche, d’un centre d’accueil pour autistes et d’un boulodrome, il s’est inspiré de concepts étrangers appelés « U-City » (pour Ubiquitus-City), comme à Stockholm, Greenwich ou Brême : des immeubles futuristes interconnectés bénéficieront tous d’un câblage multimédia, d’une liaison internet très haut débit ou d’e-commerces reliés aux habitations…
Le tout emballé dans une architecture singulière de bâtiments aux formes arrondies, avec des toits en dos de souris. Petit supplément écolo : le site bannira les voitures, rangées dans de grands parkings souterrains. Un petit système de bus interne transformerait le fort en « village américain », selon André Santini. Cette technologie respectera les normes de Haute Qualité environnementale (HQE) comme le recyclage des eaux de ruissellement, la régulation de la température des appartements, un faible effet de serre, pas d’énergie nucléaire ou le tri sélectif. Le tout pour la modique somme de 65550 € le mètre carré…
Les promoteurs les plus prestigieux sont sur les rangs pour se partager le gâteau, comme Bouygues Immobilier, BNP Immobilier ou Kaufmann & Broad… Le quart des logements sociaux prévus sur le site devraient être occupé par le personnel de la gendarmerie. Cerise sur le gâteau : le moyen de transport. André Santini a opté, en concertation avec la RATP, pour la création d’un téléphérique reliant le fort, situé sur les hauteurs de la ville, à la station de métro Marie-d’Issy. Long de 830 mètres, il pourrait transporter jusqu’à 480 voyageurs par heure. Pour un coût estimé entre 8 et 10 millions d'euros.
Mais ce grand déballage numérique aux portes de Paris n’est pas du goût de tout le monde. L’Association des locataires de la résidence du fort, l’Alref, reste vigilante. Le projet du maire nécessite la destruction d’un immeuble de 80 familles de militaires pour la plupart. « Il n’est pas sûr que nous puissions être relogés dans la ville au même loyer que celui que nous payons actuellement, explique-t-on à l’Alref. Nous gênons l’opération financière du maire, car notre immeuble bloque la vue sur la tour Eiffel, vue qui ferait augmenter le prix du mètre carré, c’est tout ! Nous sommes en quelque sorte des dommages collatéraux d’un projet pharaonique au service des privilégiés. »
« C’est un vulgaire projet immobilier bien enveloppé par un bon architecte, déplore Laurent Pieuchot, élu (PS) d’opposition. Les logements sociaux seront réservés à la gendarmerie. Ce lieu historique était l’un des derniers grands espaces d’aménagement du secteur. Il sera privatisé, en accession privée majoritairement… C’est une vraie logique de discrimination sociale ! » L’opposition aurait préféré y voir un espace de respiration avec moins de logements, une fondation d’art contemporain et des jardins potagers familiaux ouverts à tous. Mais début 2008, les travaux qui commenceront ébaucheront les fondations de l’éco-fort numérique…
Charlotte Langrand

Issy-les-Moulineaux veut bâtir une cité du futur à l’abri de son fort
Les Echos 27/01/06 Site des Echos

Faire du neuf, voire du futuriste, dans du vieux. C’est ce qui va se passer à Issy-les-Moulineaux avec la transformation du fort militaire, hérité du XIXe siècle, en « cybercité du XXI siècle ». Les premiers logements accessibles à la propriété seront livrés en 2010.
Le projet est ancien, puisqu’un premier accord avait été signé entre l’armée et la ville en 1999, avant de s’embourber pour d’obscures raisons administratives et politiques.
La semaine dernière, l’affaire s’est enfin conclue avec le ministère de la Défense. La ville rachetant l’enceinte militaire, perchée sur les hauteurs, pour la somme de 54 millions d’euros avant de le revendre à quatre promoteurs qui financeront le projet.
Il va maintenant falloir se mettre au travail. Car le député-maire, André Santini, est pressé alors que les délais sont courts et que les obstacles ne manquent pas. Celui, par exemple, de l’opposition municipale qui critique un projet immobilier qui « densifie encore l’habitat » dans une ville « qui ne possède que 7 mètres carrés d’espace vert par personne » insiste Gabrielle Santarelli, conseillère municipale socialiste, qui invoque également l’absence de concertation avec la population.
Certes, le projet purement architectural qui occupe presque 12 hectares est prêt. Mais l’agence Architecture Studio, qui avait gagné le concours en 2002, va devoir préciser ses options. Les 5 bastions de l’édifice militaire et les murs d’enceinte seront préservés. Un grand bâtiment d’habitation en forme de boomerang s’ouvrira sur Paris. Dans le parc, « traité comme un verger » seront disséminés une quinzaine de bâtiments plus petits de trois ou quatre étages présentant une drôle de forme de souris, un clin d’œil rappelant le périphérique de l’ordinateur. Tout cela représentera 1200 logements, dont 300 réservés aux miliaires, seront construits. Il est également prévu des commerces, une école, une crèche, ainsi qu’un centre de ressources multimédia et un musée. Sans compter les futurs locaux de la direction de la gendarmerie.
Mais il va d’abord falloir travailler sur la dimension « high-tech » en regardant du côté des projets de « u-city » (« ubiquitus city ») asiatiques ou européennes. Dans celles-ci, les « technologies sont omniprésentes et disponibles au quotidien. On pense bien entendu à Internet, accessible partout et tout le temps, mais également à la consommation d’énergie, sur laquelle on pourra être informé en permanence », indique Eric Legale, responsable des technologies de l’information à la mairie.

Un téléphérique en projet
Autant de concepts séduisants qu’il faudra pourtant préciser et qui devront aller au-delà du simple « câblage multimédia » et de la passerelle domestique » permettant un contrôle domotique universel dans la maison. En 2000, les concepteurs avaient imaginé d’équiper les appartements de boîtes aux lettres réfrigérées pour accueillir les livraisons de produits frais. Une option amusante, mais qui fleure bon le gadget. « Rien n’est encore défini » admet prudemment Alain Bretagnolle, d’Architecture Studio.
Le projet s’engage également à respecter les 14 critères de la démarche haute qualité environnementale (HQE) qui prend en compte le traitement des déchets lors de la construction, l’utilisation des énergies renouvelables, ou encore la récupération des eaux pluviales. Il reste qu’aujourd’hui, notamment en matière énergétique, les objectifs restent nettement moins exigeants que ceux de la Suisse avec son label Minergie, de l’Allemagne avec Passivhaus, voire des Etats-Unis.
Le projet, qui se veut aussi innovant du point de vue des transports, prévoit qu’un téléphérique permettra de descendre en ville. Partant d’un des bastions et reliant la station de métro, il aura une capacité de 480 personnes à l’heure dans chaque sens. « Ce qui pourrait revenir à supprimer 240 voitures par heure aux heures de pointe », calcule Raymond Loiseleur, directeur de la SEM chargée de l’aménagement de la ville. Une option critiquée par l’opposition municipale, qui privilégie un système d’autobus électriques « moins coûteux et plus efficace ». Le calendrier prévoit le début des travaux de construction des logements début 2008 et les premières livraisons en 2010. D’ici là, il aura encore fallu résoudre un sérieux problème, celui du « désobusage ». On estime à environ 6000 le nombre d’obus encore enfouis dans le sol du fort.
Frank Niedercorn